“En tant que principale ville d’une région très agricole fortement touchée par les aléas climatiques, Toulouse peut soutenir une agriculture vertueuse en s'engageant à consommer auprès de ceux qui produisent bien et pas loin"
Sur les 34 ha que compte l'hippodrome, nous envisageons de dédier 10 ha au maraîchage. Gérés par la régie municipale agricole, ils pourraient produire 200 tonnes/ an (2 millions de portions de légumes) soit 2 à 3 mois de repas pour les cantines scolaires, avec un triple bénéfice :
En faisant entrer l’agriculture dans la ville, on retisse un lien entre les paysans et les citadins.
On assure des portions de légumes ultra fraîches aux écoles de la ville.
On maîtrise les coûts d’achat de matières premières.
En soutien du MIN (Marché d’Intérêt National), favoriser l’approvisionnement local des commerces de proximité pour réduire les distances et les intermédiaires et limiter les emballages jetables.
Réformer les cantines de la métropole en sortant de la logique de cuisine centrale industrielle et créant des structures de quartier qui s'approvisionnent auprès des producteurs locaux. A Romainville cette démarche a permis la réduction des emballages et donc une baisse du coût global des repas, même en passant au bio.
Avec la Région Occitanie, favoriser la production alimentaire humaine et des pratiques respectueuses de l'environnement.
Avec l'Agence de l'Eau, accompagner plus d'agriculteurs vers un aménagement des cultures qui limite leur impact.
Avec des structures d'accompagnement comme Le 100e Singe, former des légumiers qui pourront exploiter des surface de 10 à 15 ha susceptibles de nourrir une partie de l'aire urbaine.
Avec l'hippodrome comme laboratoire, et les Atelier Icare, promouvoir la polyactivité choisie (4 jours au bureau, 1 jour à la ferme), notamment pour des agents de la métropole.
Malgré la richesse agricole de l’Occitanie, 97 % de la production agricole occitane quittent la région : vin, céréales ou maïs pour l’alimentation animale...
Les légumes, fruits et légumineuses nécessaires pour nourrir le million d’habitants de l’aire urbaine toulousaine sont des produits venus de loin : carottes des Landes, pommes de terre des Hauts-de-France, révélant un manque criant de maraîchers et légumiers locaux.
Il faut 100 semi-remorques chaque jour pour approvisionner l'aire toulousaine : 98% de ce que l'on consomme n'est pas produit localement.
En France, on décompte 1 suicide d’agriculteur tous les 2 jours.
Sur le prix payé par le consommateur, seuls 7% reviennent au producteur ce qui constitue une injustice économique structurelle.
L’insécurité financière et climatique provoque une crise des vocations.
D’un autre côté, les reconversions notamment NIMA (Non Issu·e·s du Milieu Agricole) privilégient souvent des modes de production de type permaculture sur petites surfaces, qui ne permettent pas de nourrir une métropole.
D’après le Projet Agricole et Alimentaire Métropolitain (PAAM) de Toulouse Métropole : «Malgré la présence d’opérateurs économiques dans la métropole, 75% des achats de produits agricoles et agroalimentaires sont importés et 91% de la demande n’est pas captée par le territoire.»
La cuisine centrale de Toulouse fonctionne en logique industrielle : les 35 000 plats préparés chaque jour doivent être réchauffés, la qualité est médiocre. Pourtant, quelques centaines de km² suffiraient à nourrir une partie significative de la population toulousaine.