“ Penser la ville, ce n’est pas seulement décider où construire, mais choisir comment vivre, travailler, se déplacer et se divertir, ensemble. Notre cap : une métropole à taille humaine, tournée vers la sobriété foncière, le confort des habitants et la réindustrialisation des territoires qui l’entourent.”
Depuis deux mandats, l’aménagement de la ville s’est trop souvent réduit à une succession de projets privés guidés par des Orientations d'Aménagement et de Programmation (OAP) floues, sans cohérence d’ensemble ni maîtrise publique du foncier. Résultat : des quartiers sans âme, des rues où il est difficile de circuler, trop peu d’espaces verts pensés pour le vivre ensemble, et une esthétique urbaine globalement négligée.
Nous refusons cet urbanisme fragmenté, livré aux promoteurs. Nous voulons renouer avec une planification urbaine ambitieuse et humaine, comme celle que concevait l’urbaniste Joan Busquets lorsqu’il réinventait les quais de Garonne, la place du Salin ou Saint-Sernin — un urbanisme pensé pour les habitants et enraciné dans l’histoire de Toulouse : le quartier de la Cartoucherie en est un bel exemple.
Le foncier est aujourd’hui offert en priorité aux promoteurs immobiliers, au détriment des projets économiques et des espaces de vie et de détente. Nous ne voulons plus de quartiers dortoirs comme Edmond Rostand, Malepère et bientôt Palléficat . Nous voulons des quartiers vivants, qui seront de ce fait plus attrayants et mieux sécurisés.
Une cité vivante est une cité qui s’épanouit et s’oxygène sur place, c’est la ville du quart d’heure théorisée par Carlos Moreno. Parce que nous voulons arrêter l’étalement sans limite de Toulouse, nous aurons plus de foncier disponible pour planter des arbres, offrir des ballades urbaines ou péri-urbaines et globalement rafraichir l’atmosphère de la ville, priorité absolue dans un contexte de réchauffement climatique inquiétant.
La croissance sans limite de la métropole attire de nouveaux habitants sans leur offrir assez d’emplois. Nous refusons la perspective d’un Toulouse à un million d’habitants en 2050. Dire stop à la croissance démographique de Toulouse, c’est assumer un autre modèle : soutenir les villes moyennes à 30–60 minutes, y développer logements, emplois et services, et libérer à Toulouse du foncier pour les arbres, les parcs et les cours d’école ombragées plutôt que pour de nouvelles barres de béton.
Réhabilitons, rénovons le bâti existant et valorisons les friches industrielles des villes périphériques pour y développer une réindustrialisation durable : les filières locales de construction des véhicules intermédiaires et des matériaux biosourcés (Virgocoop) doivent rapidement décupler. Il faut des emplois qualifiés près des lieux de vie, plutôt que des entrepôts logistiques qui consomment du foncier et des routes.
C’est en restant une ville à taille humaine que Toulouse gardera son attractivité et sa qualité de vie. Refusons une économie du court terme qui bétonne et banalise notre ville.
La densification doit se faire avec les habitants, pas contre eux. Inspirés par le principe européen du « droit au paysage », nous instaurerons dans chaque comité de quartier des ateliers de concertation pour anticiper les projets, prévenir les conflits et co-construire des solutions.
Nous intégrerons dans le PADD des « gabaris soleil » et des règles d’ensoleillement pour garantir la lumière naturelle, essentielle au confort et à la performance énergétique — notamment pour les habitants ayant investi dans le solaire.
Nous voulons que l’attribution des logements sociaux privilégie les habitants de Toulouse, les travailleurs déjà implantés et les demandes anciennes. La loi le permet, et cette orientation contribue à limiter l’étalement urbain.
De plus, nous souhaitons augmenter la remise à disposition des grands appartements pour les familles.
Nous soutiendrons aussi l’acquisition sociale, car elle favorise la stabilité et l’engagement des habitants dans leur quartier. Aujourd’hui, seulement 15% du logement social toulousain est accessible à l’achat ; nous voulons doubler cet objectif.
Un grand plan de rénovation énergétique permettra de générer des économies, d'améliorer le confort en particulier d'été et aussi d'améliorer notre souveraienté énergétique.
La Ville soutiendra la création d’une filière locale de rénovation : matériaux biosourcés et locaux (bois, coton recyclé), teintes toulousaines, isolation par l’extérieur avec création de balcons et serres bioclimatiques. Une approche écologique, mais aussi esthétique et économique.
La rénovation des logements sociaux — souvent de véritables passoires thermiques — pourra être en partie financée par la vente maîtrisée d’une partie du parc en accession sociale, tout en soutenant l’emploi des artisans et entreprises locales.