190 M€/an* : plus que le budget de l'éducation ou de la culture sur le périmètre toulousain.
C'est ce que coûtent à la métropole nos déchets et la propreté de la ville.
*propreté 54.7M€ + déchets 135.90 M€. Source : Budget Primitif 2026 Toulouse Métropole
D'après Zéro Waste Toulouse, chaque métropolitain a produit 406kg en 2024, dont :
230kg d'Ordures Ménagères Résiduelles = poubelle grise
150kg d'emballages (poubelle jaune ou bleu), encombrants, verre, textile, déchèterie.
26kg de déchets collectés dans les mêmes conditions que les déchets ménagers (artisanat, petits commerces, administrations, écoles, etc.)
La mise en place des bacs marron est une bonne chose (cela permet de réduire d'un 1er tiers la poubelle grise), mais la valorisation par la méthanisation est critiquable :
génération de nombreux trajets vers l'unité de compostage Cler Verts dans le Lauragais.
production énergétique faible (600kw = 1/3 d'éolienne pour 60T de déchets traités / jour!)
les fertilisants (co)produits ont une qualité agronomique faible
Certains envisagent de recourir à la tarification incitative :
investir des sommes colossales pour
équiper 2 à 300.000 bacs de collecte avec des puces électroniques et
facturer selon le nombre de passages et/ou le poids (plus complexe)
Le fait que 70% des logements de la Métropole sont en copropriété pose une première difficulté technique... mais il y a pire : instaurer une tarification incitative et entretenir les citoyens dans le même mode de fonctionnement, à continuer d'aller faire leurs courses dans des grandes surfaces qui emballent / suremballent :
augmentera le coût pour les citoyens
sans réduire la quantité de déchets produits
La tarification incitative sera donc forcément perçue de façon punitive... et à raison !
Pour réduire de façon durable les externalités négatives liées aux déchets et notamment le coût de la propreté, il faut prendre le problème à la source. Voici notre méthode.
L'installation des bacs marron est une mesure qui va plutôt dans la bonne direction.
Encourager le compostage :
"industriel" comme nous l'envisageons sur une parcelle de qqs hectares (une partie de notre projet de réaménagement de l'hippodrome). Cette unité pourrait traiter les déchets alimentaires de 20.000 habitants, soit 5% de Toulouse.
collectif (plutôt qu'individuel) pour mieux
entretenir la compétence du maitre composteur
garantir la qualité du compost (un compost laissé à l'abandon dans le coin d'un jardin pourrit et produit du méthane 30 fois plus réchauffant que le CO2)
créer du lien social entre les habitants d'un quartier.
Ces 2 façons de composter permettent de centraliser et ainsi mieux valoriser la production d'un fertilisant d'une grande qualité agronomique destiné à l'agriculture locale.
Encourager le vrac et la consigne permet:
de réduire d’un 2e tiers la poubelle grise : on passe ainsi d’un sac de 30L sorti 1 à 2 fois par semaine à un sac sorti toutes les 2 ou 3 semaines. Il devient alors acceptable pour un particulier de parcourir 50 à 100m pour aller déposer son sac poubelle en point d'apport volontaire.
d'ici 20 ans, de diviser par 2 ou 3 le nombre d'agents de collecte des déchets... et donc le coût de la propreté. Les agents qui perdront leur poste continueront d'être des "pourvoyeurs de dignité" (Cynthia Fleury) ... mais autrement : ils deviendront maitres composteurs ou maraichers à "l'hippodrome" réaménagé.
Comment ?
Le modèle économique d'un commerce de proximité repose sur les habitudes/achats de quelques centaines voire dizaines de foyers. Une boutique de 100 m² (créant plusieurs emplois) peut vivre avec 500 familles clientes.
Les syndics de copropriété sont des partenaires majeurs. Un travail de concertation avec ces derniers pour cartographier les syndics volontaires pour :
supprimer la collecte, et passer à 100% en point d'apport volontaire.
réduire significativement la TEOM (-50%?)
réduire les charges de copropriété (plus de bacs à sortir et rentrer plusieurs fois par semaine)
mieux valoriser le local poubelle: local vélo, espace de stockage, de bricolage,... La résidence sera plus attractive.
Obtenir un accord de 10% des syndics de copropriétés dans le courant du mandat serait déjà un succès.
Dans les quartiers présentant une forte concentration de copropriétés volontaires, on agira dès que possible :
préemption des baux commerciaux pour y installer des commerces promouvant le vrac. (ne pas inclure les copro dans la boucle, c'est vouer toute ouverture de magasin à l'échec)
création de points d'apports volontaires tous les 100 à 200m (en mobilisant des places de stationnement si nécessaire)
Le triptyque copropriétés / habitants / commerces formera alors un trio gagnant.
Il faudra que ces commerces "vrac & consigne" ne proposent pas que du bio (c'est souvent le cas actuellement) :
pour éviter de créer une trop grande concurrence avec les boutiques existantes, souvent vrac & 100% bio.
mais surtout, pour proposer des produits à des prix plus attractifs, et attirer de nouveaux profils de clients.
C'est exactement ce que fait la Chouette Coop à Marengo : du bio, mais pas que !
Il s'agirait donc de ne pas aborder la question de la réduction des déchets de façon bureaucratique, linéaire sur l'ensemble de la ville au même moment ...
...mais à l'inverse...
... saisir et encourager les volontés locales en créant des "quartiers zéro déchets" qui se multiplieraient pour devenir majoritaires dans 20 ou 30 ans.
Dans le mandat, réussir à créer 10 quartiers engagés (= 10 nouvelles boutiques vrac) suffiraient à :
créer une dynamique vertueuse dans toute la ville
structurer une filière qui :
rayonnerait au niveau régional
inspirerait "vers l'infini et au-delà"
Conditionner les traiteurs intervenant dans un contexte public travailler avec des marques utilisant la consigne.
Demander à la région Occitanie d'intégrer le critère de la consigne dans le cahier des charges de l'éligibilité à la marque régionale "Sud de France"
Prendre plus de parts dans la coopérative Consign Up
Réserver l'accès aux événements municipaux (comme le marché de Noël) aux professionnels engagés dans la démarche "Emboite ton plat".